Organisation Ahwazie des Droits de l'Homme (A.O.H.R)
Rapport de Documentation et Déclaration Droits de l'Homme
Rapport Droits de l'Homme : Injustice continue contre quatre prisonniers politiques ahwazis après 21 ans de détention arbitraire
L'Organisation Ahwazie des Droits de l'Homme (A.O.H.R) exprime sa vive inquiétude et sa ferme condamnation face à l'obstination des autorités judiciaires et sécuritaires iraniennes à maintenir en détention quatre militants civils et politiques ahwazis, bien qu'ils aient déjà purgé plus de 21 ans d'emprisonnement arbitraire.
Selon des rapports de sources humanitaires fiables, les peines de réclusion à perpétuité prononcées à l'origine contre ces quatre détenus ont récemment été commuées en une peine de 25 ans et un mois de prison. Malgré cette réduction, l'A.O.H.R souligne que leur maintien en détention ne repose sur aucun fondement légal, judiciaire ou humanitaire. Nous exigeons leur libération immédiate et inconditionnelle.
Contexte des arrestations et procès inéquitables
À l'automne 2005 (année 1384 du calendrier iranien), une vaste vague d'arrestations a ciblé des dizaines de citoyens ahwazis. Parmi les personnes arrêtées et placées dans les centres de détention des services de renseignement figuraient quatre militants : Nazim Sahi Barihi, Yahya Nasseri (Nawaseri), Abdulzahra Helichi (Zuhair Helichi) et Abdulimam Zairi.
Après leur arrestation, ces quatre militants ont été soumis pendant des mois à la disparition forcée et au confinement en cellule isolée. Ils ont subi de graves tortures physiques et psychologiques visant à extorquer des confessions forcées. Sur la base de ces aveux arrachés sous la contrainte, les Tribunaux de la Révolution, manquant totalement de transparence, ont prononcé de lourdes peines de réclusion à perpétuité sous des accusations vagues et fabriquées liées à la sécurité nationale, telles que « Moharebeh » (inimitié contre Dieu) et « atteinte à la sécurité nationale ».
Ces prisonniers sont actuellement détenus à la prison de Sheyban à Ahvaz et à la prison d'Arak.
Détails des cas et état de santé des détenus
1. Nazim Sahi Barihi :
Avant son arrestation, il était étudiant en sciences religieuses et militant culturel et religieux. Arrêté à un jeune âge, plus de deux décennies de torture et de négligence médicale systématique ont entraîné de graves complications de santé. Privé d'accès à des soins médicaux spécialisés, son état physique a atteint à plusieurs reprises des seuils critiques. Il est actuellement transféré entre la prison de Sheyban à Ahvaz et la prison d'Arak.
2. Yahya Nasseri (Nawaseri) :
Militant civil ayant subi des mois d'interrogatoires violents en isolement cellulaire. En avril 2020 (pendant la pandémie de COVID-19), après avoir protesté contre les conditions sanitaires déplorables de la prison de Sheyban à Ahvaz, il a de nouveau été placé en isolement et privé de tout contact ou visite familiale pendant une longue période.
3. Abdulzahra Helichi (Zuhair Helichi) :
Militant civil arrêté au début de la vingtaine, ayant passé la fleur de sa jeunesse derrière les barreaux. Condamné à la réclusion à perpétuité sur la base d'accusations infondées, il a été systématiquement privé de ses droits civiques fondamentaux, y compris des congés pénitentiaires légaux ou médicaux tout au long de ses 21 années de captivité à la prison de Sheyban.
4. Abdulimam Zairi :
Militant civil dont la santé physique s'est continuellement détériorée en raison de maladies gastro-intestinales sévères et d'infections bucco-dentaires aiguës. Les autorités de la prison de Sheyban à Ahvaz ont refusé à plusieurs reprises de le transférer vers des centres médicaux spécialisés hors de la prison, mettant directement sa vie et son intégrité physique en danger.
Motifs juridiques et humanitaires pour une libération immédiate
L'Organisation Ahwazie des Droits de l'Homme (A.O.H.R) souligne que le maintien en détention de ces quatre militants contredit même les règlements internes du pouvoir judiciaire iranien :
* Dépassement de la durée légale : Conformément aux règlements de la Commission d'amnistie et de commutation des peines, les personnes condamnées à la réclusion à perpétuité deviennent éligibles à une remise de peine, une réduction ou une libération après avoir purgé une période significative (comme 10 ans pour une première commutation, ou 5 ans après une réduction à 15 ans).
* Durée déjà purgée : Ayant passé plus de 21 années complètes dans des conditions carcérales extrêmement dures, la récente commutation de leur peine à 25 ans et un mois doit légalement et immédiatement conduire à une libération conditionnelle ou à une amnistie totale.
* Violations systématiques des droits : Depuis plus de deux décennies, ces prisonniers se voient refuser les droits fondamentaux garantis par les normes internationales, notamment l'accès à des soins médicaux appropriés, les congés légaux et les garanties d'un procès équitable.
Revendications et appel aux instances internationales
Au vu de ce qui précède, l'Organisation Ahwazie des Droits de l'Homme (A.O.H.R) exige :
* La libération immédiate et inconditionnelle des quatre prisonniers politiques (Nazim Sahi Barihi, Yahya Nasseri, Abdulzahra Helichi et Abdulimam Zairi) afin qu'ils puissent retrouver leurs familles.
* Un accès immédiat à des soins médicaux spécialisés hors de la prison pour les détenus malades, en particulier Abdulimam Zairi et Nazim Sahi Barihi.
* Une intervention urgente du Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l'homme (HCDH) et du Rapporteur spécial sur la situation des droits de l'homme en Iran pour faire pression sur les autorités iraniennes afin qu'elles mettent fin aux détentions arbitraires, à la négligence médicale et aux violations des droits humains contre les prisonniers ahwazis.
Publié par :
Organisation Ahwazie des Droits de l'Homme (A.O.H.R)