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Politiques de discrimination systématique, d’exclusion professionnelle et de déplacement forcé dans les villes ahwazies

Les villes ahwazies, notamment Mahshahr (Ma’shur), Khorramshahr (Al-Muhammara), Abadan, Al-Huwaiza, Shushtar, Shush (Suse) et Shadegan (Al-Fallahiya), connaissent des politiques systématiques et à grande échelle menées par les autorités iraniennes contre la population civile arabe autochtone. Ces violations se manifestent de la manière la plus éclatante dans des secteurs de travail vitaux tels que les compagnies pétrolières, les grandes usines et les entreprises de canne à sucre, à l’instar de la société de canne à sucre Haft Tappe dans la ville de Shush. Les données de terrain montrent que la proportion de travailleurs arabes dans ces entreprises ne dépasse pas 5 à 7 pour cent, et qu’ils sont souvent cantonnés aux emplois subalternes tels que le nettoyage et le gardiennage, malgré la présence de compétences arabes ahwazies dotées de diplômes d’études supérieures et de spécialisations précises correspondant parfaitement aux exigences de travail dans ces secteurs vitaux.
En revanche, les autorités adoptent une approche d’exclusion flagrante, clairement illustrée par des pratiques telles que celle de la compagnie pétrolière qui, il y a quelques années, a embauché 1 000 personnes en une seule fois, en faisant venir 800 personnes de l’extérieur d’Ahwaz et en employant 200 colons perses à l’intérieur de la région, sans recruter un seul citoyen ahwazi. Ces politiques ne se limitent pas à priver la population autochtone d’opportunités d’emploi, mais s’accompagnent d’un ensemble de privilèges généreux accordés par les autorités aux nouveaux arrivants perses pour les encourager à s’installer — tels que la mise à disposition de logements gratuits dans des quartiers spéciaux équipés de toutes les commodités du bien-être social, l’octroi de salaires multiples et l’organisation de multiples voyages touristiques gratuits vers le nord de l’Iran.
Ces politiques systématiques s’inscrivent dans le cadre d’une stratégie plus large visant la structure économique et sociale de la population civile, accompagnée d’une persécution systématique, d’un déplacement forcé silencieux et d’une privation grave des droits fondamentaux. L’absence de revenus et l’appauvrissement des familles ont entraîné une hausse brutale du taux d’analphabétisme et de décrochage scolaire, de nombreux enfants de familles démunies ayant été contraints de quitter les bancs de l’école et de chercher un gagne-pain par le biais de métiers marginaux tels que la vente ambulante sur les marchés.
Du point de vue du droit international humanitaire et des droits de l’homme, ces pratiques adoptées constituent des crimes graves qui violent les dispositions du droit international des droits de l’homme, en particulier la Convention internationale sur l’élimination de toutes les formes de discrimination raciale et le Pacte international relatif aux droits économiques, sociaux et culturels, qui garantit le droit au travail et l’égalité des chances sans discrimination. Plus grave encore, ces violations systématiques dirigées contre un groupe de population spécifique s’élèvent, conformément à l’article 7 du Statut de Rome de la Cour pénale internationale, au rang de crimes contre l’humanité ; en particulier le crime de « persécution » par la privation délibérée de droits fondamentaux pour des motifs ethniques et nationaux, ainsi que le crime de « déplacement forcé » et de changement démographique systématique par l’assèchement des sources de subsistance et la création d’un environnement hostile aux résidents autochtones au profit de l’installation des nouveaux arrivants. Cela appelle à une action juridique et internationale urgente pour mettre un terme à ces politiques et en traduire les auteurs en justice.
L’Organisation Ahwazie pour les Droits de l’Homme

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